21 septembre 2007

Vous reprendrez bien quelques bulles?

Dans le cadre de la fonction que j’occupe (je n’utiliserais pas le terme de « travail », cela pourrait paraître présomptueux), je suis souvent amenée à assister à des réceptions, communément appelées « pince-fesses » chez nous.

Pourquoi « pince-fesse » me direz-vous : je cherche encore à comprendre, moi qui ne me suis pourtant jamais fait pincer les fesses dans ce type d’événement.

Loin de moi l’idée d’émouvoir dans les chaumières –siroter du champagne c’est quand même plus agréable que de descendre à la mine- mais fréquenter ces réceptions m’ennuie profondément. Ainsi, avant de devoir m rendre à l’évidence et accepter ma corvée, je mets toujours un point d’honneur à tester sur mon chef au moins trois excuses toutes plus vaseuses les unes que les autres, celle du « j’ai rien à me mettre » comprise. (C’est l’occasion de remettre systématiquement sur la table une augmentation de mes gages pour ce travail qui n’en est pas vraiment un – [Et non, je ne suis pas call girl !] ).

D’abord, pour ce genre s’exercice se déroulant invariablement à partir de 18 heures, il faut s’apprêter un tant soit peu même si le tailleur en soie sauvage rose et le chapeau assortis ne sont pas nécessaires. Mais il faut tout de même un peu de tenue. Des couleurs foncées de préférence, une veste, bien sûr, et des chaussures à talons. (Pour les femmes bien évidemment. Les hommes sont exemptés pour les souliers à talons.)

Quand on porte au quotidien des Converses (Ah ! je vous l’avais bien dit que ce n’était pas un vrai travail ! C’est Friday Wear tous les jours par ici!), mettre des chaussures à talons, en espérant gagner en allure et en élégance, c’est un peu hasardeux. Voire téméraire.

Une fois la démarche alambiquée à peu près maîtrisée, les « plaies » des collants cautérisées (Vernis à ongle ! Mon ami !), la tenue du chef vérifiée, tant qu’on y est (Non, je ne suis pas baby-sitter non plus !Quoique…), il faut faire bonne figure et mettre ses neurones en mode « ON ».

D’autant que ma présence à ces petites sauteries n’est absolument pas nécessaire. Je ne me sens jamais à l’aise, il s’y trouve rarement des personnes avec qui j’ai envie de discuter après une journée entière passée au bureau et je ne me vois pas m’immiscer dans les petits groupes de personnes « very important » qui discutent de sujets techniques dont j’ai décidé, pour ma santé mentale, de me tenir à l’écart.

J’aurais été une blonde sylphide avec des jambes d’un mètre cinquante de long, là, je ne dis pas. J’aurais au moins pu avoir le plaisir de faire la plante verte.

Mais là, même pas. Je ne mesure qu’un mètre soixante-cinq de haut. La même chose en largeur.

C’est à peine si on ne me prend pas pour un vigile en tailleur.

Et puis, il y a les discours. Ah, les discours ! Et ça traîne en longueur, et ça n’en finit plus de finir… Tout ce verbiage avec des morceaux d’émotion dedans, c’est un infâme yaourt soporifique.

J’en sais quelque chose, j’ai parfois l’honneur de les écrire.

Evidemment, quelques mal élevés ne se gênent pas pour s’affranchir de ces belles paroles et vont piller le buffet et vider les bouteilles pendant les interventions. Quite à ne jamais voir la couleur d’un petit four, je n’ai pour ma part jamais osé, je suis bien trop polie pour cela.

La corvée que représentent ces réceptions tient aussi aux convives.

Bizarrement, le fâcheux que vous avez tenté désespérément d’éconduire pendant toute la semaine par téléphone se plantera juste devant vous alors que vous êtes enfin parvenue à attraper un verre de vin. Et là, difficile d’arguer une réunion ou un rendez-vous pour vous échapper. Il vous faudra donc boire la coupe jusqu’à la lie.

Et puis, il y a les personnes honorées à l’occasion de ces cocktails, qui bien souvent, ont l’air de s’ennuyer tout autant que moi. Les sportifs et les personnes âgées étant les publics les plus dissipés.

Je suis toujours ravie de voir apparaître de grands, beaux, jeunes hommes tous musclés à ces réceptions. Je ne me jettes pas dessus, j’ai un rang à tenir, mais je profite pleinement du spectacle. Très vite, malheureusement, je déchante quand je vois ces grands benêts se réfugier invariablement au fond de la salle en riant grassement, malgré les discours, tout occupés à engouffrer les fours frais et à vider verre sur verre (eau et jus de fruits évidemment). Parfois, je me dis que l’on ferait mieux de les emmener au Mac Do’ et leur payer un Happy Meal, ce serait plus économique et bien moins vexant.

Les sportifs qui ne me faussent jamais compagnie, à mon grand dam, sont les dirigeants de clubs. Mais eux sont souvent bien plus âgés et d’une élégance tout à fait douteuse. Et les jours où je ne suis vraiment pas chanceuse, c’est celui qui n’a pas touché une brosse à dent depuis 1984 qui a le plus de choses à me raconter…

Quant aux personnes âgées, elles vous écoutent toujours d’un air distrait, qui que vous soyez, surveillant du coin de l’œil l’assiette de petits toasts venant d’être posée sur le buffet et n’hésitant pas à vous laisser choir pour remplir avant tout le monde leur doggy bag. Que l’on ne vienne pas me dire que ce sont les effets de la guerre et des restrictions alimentaires, ces personnes là ne l’ont bien souvent pas connue.

Non vraiment plus ça va, plus j’ai l’impression de perdre du temps dans ces soirées. Je préférerai mille fois être avec les miens ou quelques amis à refaire le monde autour d’une bonne bouteille.

Quelqu'un, pour me faire un mot d'excuse?

Posté par elizadoolittle à 15:37 - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Vous reprendrez bien quelques bulles?

    mmm... vu comme ça c'est vrai que ça a l'air terrifiant d'ennui!!!

    Posté par Loop, 21 septembre 2007 à 18:44 | | Répondre
  • Hi hi hi, j'en fait sûrement moins souvent que toi, mais c'est tout pareil ! Discours et pas grand monde d'intéressant à qui parler ! Heureusement que les petits fours sont plutôt bons !

    Posté par AL, 21 septembre 2007 à 19:25 | | Répondre
  • c'est clair, çà a l'air terrible !! cela dit, déjà que je m'ennuie gravement ts les ans aux voeux de ma boite (et ce n'est qu'une fois par an), non, c'est sûr je ne pourrais pas le faire (et je suis bien trop timide !!)

    Posté par olivia, 22 septembre 2007 à 14:09 | | Répondre
  • les pros de ces soirées

    arrivent dans les premiers et partent juste apres avoir remercier l'hôte.
    L'important c'est de se montrer pas de rester

    Posté par mariel75, 22 septembre 2007 à 22:01 | | Répondre
  • j'aurais pu écrire exactement la même chose (sauf pour les sportifs), mais beaucoup moins bien.
    C'est tellement vrai!

    Posté par alix, 27 septembre 2007 à 23:47 | | Répondre
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