13 septembre 2007

Nouveau Monde

L’autre soir, alors que je pianotais machinalement sur les touches de ma télécommande, je suis tombée sur un film dont il faut absolument que je parle ici.

Il s’agit du « Nouveau Monde » de Terence Malik, film réalisé en 2005.

Tout récent, donc. Et méconnu, c’est le moins que l’on puisse dire.

L’histoire est celle de Pocahontas. Pas la mièvrerie sentimentale et musicale de Walt Disney (que j’ai beaucoup aimé par ailleurs, en dépit de bons sentiments qui dégoulinent jusque sur votre parquet et vous feraient presque croire à la bonté humaine, mais « on ne se refait pas, ma bonne dame »).

Non, il s’agit ici de sa (presque) vraie histoire. Qui flirte entre nous soit dit tout autant avec le politiquement correct, mais passons.

Je vous la fais courte. Pocahontas est une belle plante, qui gambade dans les prés.

De son côté, le capitaine John Smith débarque sur les côtes américaines avec quelques collègues, bruyants, casqués et couverts de tôle.

Mais ces idiots -ils sont un peu comme mon mari quand il part tout seul en voyage-, ils n’ont pas prévu assez de vivres pour tenir jusqu’au printemps suivant, soit six mois plus tard. Ces grands conquérants en sont réduits à quémander lamentablement quelques vivres aux populations indigènes.

Donc ils envoient le capitaine John Smith au casse-pipe. (Forcément, me direz -vous, c’est le héros.)

John Smith rencontre Pocahontas, il est amoureux, elle est amoureuse, il s’aiment. Bref tout va bien. Sauf que le John Smith, il est comme tombé dans une faille spatio-temporelle et il a oublié ses copains, qui se gèlent les miches sur la plage (abandonnée) et n’en finissent plus de patauger dans la gadoue.

Quand John Smith revient au camp de base, forcément, il se fait recevoir et après quelques tentatives de putschs et de renversement de pouvoir, il se retrouve aux fers.

Pocahontas, toujours belle et prête à se nourrir exclusivement d’amour et d’eau fraîche le rejoint dans son campement puant la misère et le moisi. Mais ce mufle de John Smith décide de partir en catimini pour explorer d’autres contrées, se fait passer pour mort et laisse la belle éplorée et dépressive au milieu de rustres mal dégrossis.

Un nouvel arrivant, agriculteur de son état, John Rolfe, la prend sous son aile jusqu’à, vous vous en seriez doutés, en tomber amoureux et lui passer la bague au doigt.

Il est gentil John Rolfe, il est beau, c’est un gars honnête loyal et droit.

Oui mais voilà, Pocahontas apprend que John Smith n’est pas mort et s’apprête à le retrouver en Angleterre. Son mari, grand seigneur (si si, vraiment) et pétri d’abnégation décide de la laisser choisir entre lui et l’autre.

Et c’est là que le film devient intéressant (au bout de deux heures de lenteurs et d’images aussi soporifiques qu’un bon numéro de « Très chasse très pêche », il était temps) : Pocahontas ne retourne pas avec le bel aventurier, qui voulait voir si l’herbe était plus verte ailleurs.

Non. Pocahontas retourne avec son mari. Pas par devoir, ni par résignation. Non parce qu’elle l’aime.

Et ça croyez moi, c’est pas si souvent dans un film narrant une passion romantique.

Une fin comme ça, ça vous venge de belle manière tous les Charles Bovary et les Adrien Deume de la terre, non ?

PS : Bon à la fin Pocahontas meurt à 19 ans d'une affreuse maladie pumonaire (Ah! la perfide Albion!), mais on va dire que c'est un détail, d'accord?

Posté par elizadoolittle à 17:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Nouveau Monde

    Ah oui, mille fois oui !
    J'aime ce genre de fin !

    Merci pour cette belle histoire.
    Encore, encore !...

    Posté par LN, 14 septembre 2007 à 09:42 | | Répondre
  • Euh...

    T'as pas un blog un compléter, toi? ))))

    Posté par holly, 14 septembre 2007 à 11:08 | | Répondre
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